Jeudi 17 septembre 2009
4
17
/09
/2009
18:29
|
|
|
Auteur : Mizuki
Editeur : Cornélius
|
|
N PARLE PARFOIS d'horreur chez
Mizuki, ce que je ne comprends pas. Il n'y a rien de destiné à provoquer la peur dans ses livres.
Dans les histoires qui constituent 3 rue des Mystères, bien sûr Mizuki parle de la mort. Celle qui dans La porte de l'univers tue un être cher et
provoque la peine et la tristesse de cette perte. Mais le portail qui apparaît entre les 2 mondes (celui des vivants et des morts) permet au jeune héros de faire le deuil de sa soeur en
lui rendant visite encore quelques dernières fois.
Mizuki parle aussi de la mort selon le questionnement métaphysique de "Qu'y-a-t-il après la mort ?", il y répond une première fois dans 3 rue des Mystères où
l'autre monde est une copie du notre, une seconde fois dans La porte de l'univers où il s'agit d'un jardin magnifique.
Il n'y a pas de réponses précises ou définitives de la part de Mizuki qui n’est pas dans le dévoilement des mystères. Mais il y a dans ces histoires (bien plus que dans
Kitaro je crois) une volonté moraliste.
Dans La fille du dernier train, un jeune mangaka est amoureux d'une femme morte restée sur terre en fantôme. Elle est finalement envoyée dans l'autre monde par un moine qui dit
au héros :
"Clarifier la frontière entre la vie et la mort, c'est dans l'ordre de la nature. C'est la volonté supérieur."
Ici Mizuki devient moralisateur et d'une certaine manière conservateur, chaque chose doit être à sa place et l'homme ne doit pas aller contre cet ordre.
Mizuki oppose ainsi toujours à cet ordre naturel un défaut humain. Dans 3 rue des Mystères et dans L'ambroisie féline, c'est la prétention de l'homme à
vaincre la mort qu'il moque, dans Moulin à yokaï c'est son incrédulité face aux rites ancestraux et dans Les crânes de l'oubli son irrespect des morts.
Dans ces histoires l’homme est seul face à un ordre plus grand que lui. Par son absence qui le définit alors en creux, Kitaro peut être vu comme celui qui accompagne les
personnages et le lecteur dans leur découverte de l’autre monde, celui qui les prend par la main pour les rassurer. Car il n’y a pas de peur viscérale donc dans ces histoires, mais bien
cette sorte d’effroi lovecraftien face à des idées qui dépassent notre entendement.
|
Par martin
-
Publié dans : Lecture
-
1
-
Recommander