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Auteur : Shirow Masamune |
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Dominion c'était des courtes histoires d'une unité de blindés de police dans un Japon futuriste et particulièrement pollué. Dominion : Conflict 1 en est la continuité (les pinailleurs aiguillés par l'auteur lui-même préciseront que les 2 livres ne se passent pas dans l'exact même univers, mais on s'en moque). On retrouve donc le sergent Leona Ozaki oeuvrant au maintien de l'ordre dans un minuscule char nommé Bonaparte.
Dominion : Conflict 1 a été publié une première fois en fasicules en 1996 par Dark Horse qui le réédite en 2008 sous forme compilée. En 12 ans, le lectorat et les éditeurs de manga ont évolués et Dominion : Conflict 1 est désormais édité dans le sens de lecture japonais, les onomatopées ne sont plus traduites et les pages couleurs sont bien en couleurs.
Edition de 1996
Edition de 2008 Autant le dire tout de suite Dominion : Conflict 1 ne peut plaire qu'aux fans tant on y retrouve toutes les marottes de Shirow : son goût pour les mécaniques, sa vision de la femme, ses points de vue sur la société ou encore son obsession pour le détail. Certainement Shirow peut déplaire, ses femmes stéréotypées et fantasmées est à la fois vulgaires et irréalistes (il semble d'ailleurs s'être définitivement perdu dans la représentation des ses fantasmes). Sa surenchère graphique peut provoquer l'écoeurement, enfin son incapacité à raconter simplement perd plus d'un lecteur courageux et volontaire.
Cependant Dominion : Conflict 1 est à part dans l'oeuvre de Shirow, car la série se veut plus proche de la comédie que de l'analyse prospective que peuvent proposer Appleseed et Ghost in the shell. Ici l'histoire se passe en une seule journée, elle est centrée sur un petit groupe de personnages et leurs interactions dans la réalisation de leur travail. Toutes les situations dans lesquels se trouvent les personnages sont pour Shirow des occasions de créer de l'humour. Ici c'est le béguin de l'auxilliaire féminine pour le beau lieutenant qui est moqué, là l'énervement excessif de Leona et ailleurs encore les capacités extraordinaires d'androïdes est l'occasion d'un humour plus visuel.
Alors c'est parfois drôle comme lorsqu'il réussit à justifier un style kawai et l'humour slapstick qui va avec. Mais malheureusement combien de lourdeur pour en arriver là. Dominion : Conflict 1 n'est pas une comédie mais une tentative de comédie, ou plutôt un exercice de style de la part d'un auteur plus à l'aise dans un registre sérieux. Dominion : Conflict 1 est donc une curiosité qui peut plaire aux fans de Shirow qui retrouveront le seul fantasme qu'il retranscrit bien : celui de la puissance qu'offrent ses machines incarnées ici avec humour dans les tanks Bonaparte. Certes tout cela est maladroit, mais Shirow fait preuve d'humour voir d'autodérision (le scientifique coincé et obsédé n'est-il pas proche de la représentation qu'il fait de lui-même ailleurs ?) et rien que pour ça Dominion : Conflict 1 vaut le coup.
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