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OILA CERTAINEMENT la lecture la plus
réjouissante que j'ai faite depuis fort longtemps.
Il y a déjà dans la forme quelque chose de sidérant : cette manière de faire coexister deux registres graphiques différents et de représenter ces monstres grotesques me subjugue. Le
regard court sur des cases où des personnages schématisés dialoguent pour s’arrêter subitement sur un dessin dans lequel la matière a fait irruption, de manière abrupte et presque
déplacée. La lecture est ainsi fait de pauses et d'avances, oscillant sans cesse entre le voir et le lire.
Bien sûr cela relève de procédés que l'amateur de manga a déjà vu ailleurs, et malgré ce plaisir simple de rythme qui fait ressembler la bande dessinée à de la musique, Kitaro
sur cette seule base serait rapidement lassant.
Mais il y a aussi, je crois, dans Kitaro quelque chose de la farce. On y rit beaucoup des humains moqués par les yokaïs.
Tels ces deux hommes qui, après avoir agressé Kitaro, se retrouvent plein d'effroi dans un train plein de fantômes à destination de l'autre monde. C'est bien leur suffisance
désormais réduite à rien et leur peur qui permettent au lecteur d'en rire.
Plus loin une équipe humaine et vaniteuse affrontent une équipe de yokaïs (et quelques monstres du folklore européen) dans un match de baseball. Tout espoir de victoire leur est ôté
lorsqu'ils prennent conscience des pouvoirs surnaturelles et extraordinaires des yokaïs. Leur déconvenue faisant suite à leur prétention est ici source d'humour.
Ainsi Mizuki, gentiment moraliste, use de la farce pour traiter avec humour des défauts de ses contemporains.
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