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ES RITES mis en place à l'adolescence
sont encore là : dans un moment de partage autour d'une boisson chaude Bénédicte et Florence, deux soeurs jumelles, se massent l'une l'autre et discutent
de leur vie. Avec l'âge adulte sont venus l'apaisement et le recul, c'est avec humour et distance qu'elles peuvent à présent se remémorer leur année de première dans un lycée de Lyon
après un retour de Guadeloupe.
L'autoreprésentation est juste et cruelle, âge oblige elle est donc ingrate. Les jumelles étaient alors moches, grosses, bêtes et agressives envers leur entourage.
Dans des actes de rébellion (soft), elles séchaient les rallyes imposés par leur mère pour jouer à des jeux de rôles, ou encore rataient par fainéantise leur bac français.
Males dans leur peau, pas à leur place socialement elles sont le plus souvent un soutien l'une pour l'autre, mais parfois aussi rivales (l'une n'est-elle pas plus belle que l'autre
?).
Forever ma sœur, c'est une année dans la vie de deux jeunes filles dans laquelle chacun trouvera un écho de sa propre adolescence. C'est aussi de manière plus douce, la haine de
la famille devenue l'amour de la famille.
De ces adolescentes difficiles vivant dans la promiscuité obligatoire de la famille (exacerbée par leur gémellité) jusqu'aux mêmes devenues jeunes femmes et que l'on suppose épanouies, on
imagine le temps passé fait de cris et de bagarres encore mais aussi de séparations (de la famille et de la soeur) et d'indépendances. On imagine cette distance physique qui permet
aujourd'hui à ces deux soeurs de se retrouver sereinement.
La famille, la gémellité, grandir, la fantasy semblent être un terreau pour Florence Dupré La Tour, qui utilisera tous ces thèmes dans sa série Capucin. Mais
ceci est une autre histoire ...
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