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Auteurs : Divers |
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Sur leur site Ruppert et Mulot mettent les animations des phénakistiscopes présents dans le livre, mais pas le pliage des images cryptées. En voici
donc un réalisé. La première image est telle qu’on la voit dans le livre. La seconde, une fois que les pliages verticaux effectués. Et la troisième est l’image finale après les pliages
horizontaux. On le sait Ruppert et Mulot sont LA découverte de Menu, ceux qu’il considère comme la nouvelle avant-garde et c’est assez naturellement qu’ils signent la couverture du Lapin n°37. Lapin plein de nouveaux auteurs que Menu prend la peine (certainement perdue) de resituer dans le paysage éditorial. Parmi tous ceux-ci, j'ai du mal à dire qui sort son épingle du jeu et même si tous étaient indispensables à publier et donc à multiplier par 2 la taille de la revue par rapport à la version de référence. Ce qui fait définitivement plaisir c'est l'annonce d'un retour à une fréquence trimestrielle qui me paraît indispensable pour un rôle d'éducation qui, si elle ne sera pas de masse, sera au moins la mienne. Lapin m'avait permis d'apprécier Gunnar Lundkvist ou Jim Woodring, des auteurs qui, si je les avais abordés brutalement, me seraient passés bien au-dessus. Ce retour de Lapin, même un peu gonflé, est donc une excellente nouvelle. Les Contes de la désolation de Vanoli sont des histoires que j’aurais aimées lire dans un Lapin, trop courtes (il y en a 2 dans une Mimolette) elles constituent difficilement un livre que l’on referme bien vite pour l’oublier. Elles n’ont pas le temps de s’installer, dommage je passe déjà à une autre Mimolette (opération Mimolette oblige, j’en ai 5 à lire). Les couchettes de Thiriet sont enlevées et drôles et hop ! je passe à Barjouflasque de Konture. Un élément de plus dans une autobiographie répartie aux 4 coins du monde éditorial, un peu difficile à resituer puisqu'il fait référence à fanzine que je n'ai pas lu. On retrouve ce dessin inconstant, toujours mobile, qui ne sait pas se fixer plus que le temps d'une case, et ce jeu sur les mots : mots valises, jeux phonétiques ou double sens. Il faudra prendre le temps d’y revenir. Et enfin Lock groove #1, dans lequel Menu parle d'une passion et se comporte d'une certaine façon comme tous ces fans de BD qu'il conspue à longueur d'année. Ça pourrait avoir seulement un côté cocasse, mais ce n'est que le thème apparent, évident. Thématiquement, on pourrait s'attendre à quelque chose de secondaire dans l'oeuvre de Menu, mais ici il apporte une pierre essentielle à son oeuvre autobiographique. Et Menu possède à la fois de l'autodérision (cette couverture où il se dessine l'air stone en lévitation, cette pleine page où il affirme pince-sans-rire que les Beatles l'ont sauvé du hit-parade) par laquelle il fait preuve de beaucoup d'humour, mais aussi une connaissance certaine, sûre de l'objet fétiche. Et c’est avec beaucoup de talent qu’il s’exprime dans une variété de styles graphiques et de mises en pages. L’opération Mimolette n’a pas vraiment été une réussite pour moi : des livres pris un peu au hasard (Thiriet, Méthé et Vanoli) et déconnectés du reste de leur famille (Thiriet, Vanoli et Konture) qui ont du mal à exister coincés entre leur solitude et l’empressement de lire le suivant. La Mimolette Party, Mimolette éditée à l’occasion de cette opération commerciale, enfonce le clou. L'appel de Stanislas à David B, la présence de David B ou le pastiche de Trondheim par Menu sont certes touchants, mais cette Mimolette a ce côté "L'Association parle aux fans de L'Association" qui m’avait fait arrêter mon adhésion à l’association il y a quelques années. Je suis aujourd’hui coincé dans mes lectures de bandes dessinées. J’ai lu beaucoup de Barks récemment y trouvant un plaisir naïf et enfantin. En parallèle la lecture massive d’œuvres associatives (mais j’aurais du aussi évoquer certaines du Frémok) m’a donné une impression de lourdeur que je n’avais jamais eu auparavant. Les quelques réflexions que j’ai eues sur le sujet de Barks m’amènent à penser que le plaisir à sa lecture n’est ni régressif ni nostalgique. C’est par exemple le même plaisir que j’ai à lire Krazy Kat ou Forest, ou que je trouve encore chez les associés fondateurs. Peut-être Lucas Méthé a finalement raison de s’interroger dans Lapin sur pour qui il écrit. Peut-être que cette lourdeur que je ressens est le signe d’une bande dessinée qui n’écrit que pour elle-même, pour se montrer comme elle est capable de bien faire. En tant que lecteur, il ne s’agit pas du combat de l’œuvre d’auteur contre l’œuvre grand public, ni de celui des narrateurs contre les graphistes, ni des anciens contre les modernes (ou tout autre absurdité qui nourrit l’idéologie dominante et ses contre-courants). Il s’agit plutôt d’identifier (et de lire surtout) des œuvre ouvertes dans lesquelles le lecteur peut trouver sa place. C’est pas gagné … |