Mardi 1 avril 2008

Il reste un tout petit mois avant la fermeture de l'exposition Toy Comix qui se tient dans la galerie des jouets du musée des arts décoratifs. Alors pour ceux qui sont sur Paris et qui ne l'ont pas encore vue, précipitez-vous !

Cette exposition est composée :
1. De 4 installations créées par des auteurs de bandes dessinées qui y ont mélangé des jouets appartenant à la collection du musée avec des éléments créés spécifiquement pour ces installations.
Pour moi, la réussite incontestable de cette exposition est l'installation de Benoît Jacques qui produit du merveilleux (ici autour de l'idée du vol) à partir de ses seuls jouets, il évoque alors chez le visiteur, sans nostalgie et sans le dévoyer, ce plaisir enfantin de l'imagination. Cette installation à elle seule vaut le déplacement.

Winshluss, Cizo et Felder, Chambre de démonstration avec enfant

 

Blanquet, Perte de connaissance sous les visages

 

Reumann et Robel, Elvis Studio

 

Benoît Jacques, poudre d'anges

 

2. De 18 histoires en 3 pages de bandes dessinées prenant pour sujet un jouet de la collection et réalisées par 18 auteurs différents.
Avec la contrainte du format court, il fallait des auteurs avec de fortes personnalités, et c'est bien le cas ici. Chaque histoire est un mélange de jeu d'enfant ("Les aventures de mon canard à roulettes", "Les cow-boys et les indiens") et d'un point de vue original et adulte (quel plaisir de lire Anke Feuchtenberger !).

3. D'un travail oubapien (6 auteurs réalisent des strips à partir des jouets utilisés par les 18 auteurs précédents).

4. D'interviews filmés des différents auteurs autour de leur jouet d'enfant et éventuellement de celui choisi dans cet exposition.

5. Du tampographe de Sardon : une installation faite de tampons fabriqués par l'auteur et d'illustrations faites avec ces mêmes tampons. Cette installation est bien moins enfantine que le reste de l'exposition, mais cette sorte de collection obsessionnelle de tampons est très impressionnante par sa saturation graphique.

 Sardon, tampographe 

6. De films de Thiriet mettant en scène le jouet Pecking Chicken (sorte d'oiseau mécanique picorant).

7. Du catalogue de l'exposition sous forme de livre édité par l'Association (faut-il le préciser ? JC Menu est co-organisateur de l'exposition) et reprenant les parties bandes dessinées de l'exposition.

A parcourir cette exposition, mon ressenti a d'abord été assez mitigé : l'installation de Winshluss, Cizo et Felder et celle de Reumann et Robel m'ont laissé perplexe ; le travail oubapien d'une manière générale m'indiffère (trop expérimental, je pense, pour un simple lecteur) ; l'exposition d'originaux reste pour moi très anecdotique.
Mais, je l'ai dit plus haut, certaines installations sont proprement enthousiasmantes. En particulier et tout d'abord celle de Benoît Jacques, ensuite celle de Sardon. Ces 2 là incitent à s'attarder.
Mais le véritable tour de force de Toy Comix est de réussir à utiliser la bande dessinée en dehors de son champ habituel, de lui faire traiter un thème imposé (les jeux d'enfance) et, évitant les écueils de ce genre d'exercice, de garder une démarche d'auteurs.
A l'enthousiasme enfantin produit par les installations s'ajoute alors celui de voir notre objet d'attention considéré un instant dans tout son potentiel et, presque paradoxalement, dans sa maturité.

 

par martin publié dans : Note
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