Mercredi 27 décembre 2006
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Auteur : Mizuki Editeur : Cornélius
Commentaire : Quand Cornélius, éditeur alternatif par excellence, se met au manga, on ne sait que penser. Est-ce la fin de tout ? Cornélius cède-t-il aussi à cette facilité éditoriale et révèle-t-il ainsi son vrai visage de marchand ? On peut légitimement s'inquiéter d'une telle dérive d'autant plus que le catalogue Cornélius a lui aussi son Tezuka (il faudrait d'ailleurs féliciter la personne responsable de cette présence de Tezuka chez le plus grand nombre d'éditeurs francophone). Ah homme de peu de foi ! Non ce n'est pas cette fois encore que Cornélius faillira à ses principes d'exigence. Car il faut bien dire que la lecture de NonNonBâ est aussi réjouissante que son édition utile. NonNonBâ apparaît à première vue comme un répertoire de yôkai (sorte de fantômes), mais au-delà de l'aspect folklorique, NonNonBâ est surtout à travers une chronique familiale et rurale un récit d'apprentissage (par la mort et le deuil notamment présents sous toutes les formes) dans lequel l'auteur nous conte sa jeunesse dans un village de bord de mer en 1930. A travers une série d'épisodes sans construction romanesque apparente, Mizuki avançant lentement au fil des interrogations et des découvertes de l'enfance, nous montre comment sa personnalité a été marquée par deux figures majeures : NonNonBâ une personne âgée, pauvre et religieuse, et par son père un employé de banque peu zélé et plus attiré par les lumières de la modernité. De la première, il découvre le monde des esprits, celui de la tradition en fait. Mizuki enfant est alors le dépositaire d'un savoir ancien que son aînée lui transmet oralement. Du second, son père, il reçoit l'encouragement à devenir ce qu'il veut mais surtout celui-ci représente pour le jeune Mizuki le progrès et la modernité dans lesquels le Japon s'engage. Et Mizuki enfant se construit ainsi entre passé et futur, entre tradition et progrès. Plus que les yôkai eux-mêmes c'est finalement cette manière d'interroger son histoire, de la faire sienne et de la partager à nouveau qui est au cœur de NonNonBâ. Cornélius en proposant une préface et surtout des annotations au cours de la lecture fournit au lecteur de nombreux éléments lui permettant de mieux appréhender une culture étrangère et complexe et d'enrichir ainsi considérablement sa lecture. Au calme de la narration, Mizuki associe un dessin simple évitant les excès caricaturaux des mangas et dans lequel cohabitent sans complexe la caricature des personnages et le réalisme des décors. NonNonBâ a tout du livre parfait tant dans sa forme que dans son fond. Malheureusement, sans atteindre la catastrophe du David Boring de Clowes avec une faute d'orthographe abominable dès la première page, il reste quelques coquilles (orthographe principalement, mais aussi petite incohérence dans les notes sur l'âge de Mizuki enfant par exemple) et un principe de non remplacement des onomatopées quelque peu erratique. Rien de grave mais d'autant plus agaçant que le livre est par ailleurs excellent.
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Par martin
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Mercredi 27 décembre 2006
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Commentaire : Rien de neuf depuis ces numéros, mais ça se lit toujours avec plaisir et même si je ne suis pas la cible d'une telle publication.
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Par martin
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Dimanche 26 novembre 2006
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Auteur : Clamp Editeur : Tonkam
Commentaire : Tokyo Babylon met en scène deux personnages (Subaru et Seïshiro) vivant une relation ambigüe à la fois sexuellement (il s'agit d'une relation homosexuelle non affirmée dont l'un des protagonistes est efféminé ou pour le moins androgyne) et sentimentalement (Seïshiro aime-t-il vraiment Subaru, s'en moque-t-il ou pire représente-t-il une menace pour lui ?). Les 7 tomes de Tokyo Babylon ont donc pour finalité de résoudre cette relation. 7 tomes c'est long et avant le grand final les auteurs cherchent à développer d'autres thèmes plus sociaux. En vrac sont abordés l'endettement des ménages, les brimades scolaires, la prise en charge des personnes âgées, des handicapés ou des malades. Et là Clamp sort l'artillerie lourde et frappe fort à grands coups d'œils démesurés larmoyants, de mise en page épurée isolant les personnages dans leur peine indicible, de violents coups de vents décoiffants, de contrastes émouvants entre la cruauté du monde et la gentillesse maladive du héros. Malheureusement ces thèmes sont seulement effleurés (on n'apprendra rien de la société japonaise en lisant Tokyo Babylon) et les procédés utilisés (propres au shôjo) n'ont pas d'autre fonction que de faire appel au pathos du lecteur qui est alors censé partager les émotions des personnages. On pourrait peut-être parler du travail iconographique à travers le look tendance de Subaru et de sa sœur ou dans les dessins de couvertures et leur déclinaison autour de la croix. Mais ceci relève plus de l'emballage (ou du marketing pour utiliser un gros mot) et n'amène rien ni aux personnages ni à l'histoire. Entre vacuité du propos et racolage des moyens, on se presse à lire les tomes pour arriver à ce qui présente encore quelque intérêt : la relation entre Subaru et Seïshiro. La fin ne peut être alors que décevante car, bien qu'amenant les explications attendues et la tragédie pressentie, le dernier tome ne résout pas pour autant leur relation la laissant en suspend. Alors que l'intrigue principale annonçait une histoire tragique, sa mise en oeuvre à cause de digressions et de procédés stéréotypés l'affaiblit et finit par en éliminer tout intérêt. Tokyo Babylon est donc une oeuvre habile mais trop légère pour présenter un intérêt en dehors de son champ immédiat (celui de la bande dessinée de divertissement à destination des toutes jeunes filles).
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Par martin
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