Dimanche 10 juin 2007

Auteurs : Forest / Gillon
Editeur : Hachette

Commentaire : La mort sinueuse commence exactement là où s'arrêtait l'étoile endormie (les 2 premiers tomes ont semble-t-il été conçus d'un bloc).
Sans surprise, on retrouve donc les mêmes éléments qui sont principalement la fantaisie de l'univers, la tragédie des destins et le sérieux de Gillon. Mais celui-ci m'apparaît à présent moins comme artisan d'une interprétation erronée de l'histoire de Forest que comme l'axe fixe et solide, visible dans la régularité de son dessin, autour du quel Forest se permet toutes sortes d'embardées.
Ainsi la narration est tout d'abord théâtrale (voir en particulier la première page dans laquelle Christopher déclame un texte à une audience invisible sur décor-toile de fond de paysage spatial), puis Forest enchaîne de simples péripéties d'action (Christoher échappant à la police des carons ou au capitaine Kouli) dans lesquels il introduit parfois de l'humour (les rats urinent sur le vaisseau de Christopher pour l'endommager), parfois un petit accent lyrique (Christopher déclamant à Quinine : "L'une est morte, l'autre m'attend depuis mille ans... Nul peut-être ne la tirera de son sommeil prodigieux... Et toi tu es ici, bien vivante, avec ta splendeur vaine !) et souvent une vision de la science-fiction bien personnelle (les grottes dentaires et leur chimie chantante).
Je ne sais pas jusqu'où Forest comptait aller dans cette histoire (je n'ai pas encore lu la suite), mais l'abus de l'usage de rebondissements, par exemple, peut laisser penser qu'il s'attachait plus aux moments de son récit qu'à l'aspect global de celui-ci. Et le trio amoureux formé depuis le début, sa conclusion future ou l'intrigue de l'invasion des Trasses ne sont que des prétextes (à moins qu'il s'agisse de conditions) à quelques pages marquantes de tragédie, ou d'humour, ou de fantaisie, ou de fantastique ou de n'importe quoi qui passait alors par la tête de l'auteur.
On remarquera que (à ce stade de lecture) l'auteur est pour moi Forest et non Gillon qui n'est qu'un artisan et peut-être même qu'un outil de Forest. La lecture des tomes des Naufragés du temps sans Forest donne peut-être une meilleure idée du rôle véritable de chacun.

Tout comme le tome 1, j’ai lu ici l’édition Hachette en bichromie orange (après le sépia de l’étoile endormie). Après feuilletage des tomes suivants aux Humanos, cette bichromie me paraît plus dans l’esprit de l’œuvre que la quadrie à venir …


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Vendredi 18 mai 2007

Auteur : Deitch
Editeur : Fantagraphics books

Commentaire : Terr’ble Thompson est un comic strip (dans la forme donc il est composé de six dailies en noir et blanc et une Sunday page en couleur) de 1955.
Il s’agit de l’unique œuvre de Gene Deitch dans ce domaine qui plus est d’une courte durée de vie (environ 6 mois). Celui-ci s’est distingué dans l’animation.
Terr’ble Thompson accumule les défauts :
- Strip continu (la même histoire se poursuit chaque jour y compris le dimanche) : dans une lecture ininterrompue la narration fait incessamment 2 pas en avant pour 1 pas en arrière.
- Produit marketé : difficile de ne pas voir les recettes et les trucs appliqués pour essayer de positionner le strip tels que l’identification au héros, à sa famille, l’aventure à tout prix, l’invention de mots, l’usage d’adjectif en prénom et formant les initiales avec la même consonne (Terr’ble Thompson ou Mean Morgan) etc.
- Le caractère puéril : malgré les affirmations de Gene Deitch et de l’auteur de la postface, Terr’ble Thompson n’est pas comparable à son contemporain Peanuts puisqu’il s’agit bien d’une bande dessinée pour enfants (la naïveté des scénarios l’atteste).

La lecture de Terr’ble Thompson est souvent agaçante et rien a priori ne justifie que Fantagraphics (référence dans la sauvegarde du patrimoine de la bande dessinée américaine) ne réédite ce strip.

Alors la seule raison semble être son style graphique, un style bien dans son époque, aux lignes simples et courbes, fait de couleurs vives et contrastées qui rappelle le style des dessins animés de la même époque. Les dernières Sunday pages déconnectées de la ligne principale de narration sont l’occasion de pages plus libres, à l’humour cartoon et qui donnent une idée de ce que aurait pu être Terr’ble Thompson.

Difficile pour moi de dire si Gene Deitch et Terr’ble Thompson ont eu une influence quelconque sur d’autres auteurs (il est probable que non), cette réédition vaut alors surtout pour curiosité.


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Dimanche 6 mai 2007

 

Auteur : Sfar
Editeur : Dargaud

Commentaire : Lire 3 tomes du chat du rabbin d'une traite n'est pas une chose à faire. Non pas que l'on se gave de cette lecture (le dispositif ici mis en place permettrait d'en lire bien plus encore), mais le côté édifiant du discours de Sfar surgit alors brutalement et s’impose au lecteur qui n’en demandait pas tant.
On peut bien sûr après 5 tomes et à juste titre continuer de vanter les qualités graphiques de Sfar qui sait mêler dessins rapides, schématiques, caricaturaux ou expressifs avec des dessins plus fouillés, plus descriptifs (quoique pointe déjà là une volonté de prouver). On peut aussi toujours louer ses qualités de conteur où l’anecdote ouvre d’abord sur une exploration du judaïsme sur le mode de l’autodérision et de là si le lecteur le souhaite sur des questions plus universelles (religions, cultures, relations humaines etc.).
Pris individuellement chaque tome du chat du rabbin offre donc un mélange de divertissement, de découverte et de réflexion. Mais pris dans son ensemble, l’aimable promenade philosophico-rigolote laisse apercevoir un discours sous-tendant l’ensemble, un discours maîtrisé, dirigé et surtout moraliste. Sfar veut nous dire quelque chose de précis. Alors quoi ? Un message caché ? Même pas, ce message est clair et bon, Sfar l’évoque directement en prologue du tome 5 et se résume (caricaturalement) à ça : « le racisme c’est pas bien alors j’ai fait une BD contre ».
Le tome 5 est à ce sujet exemplaire : le racisme ce n’est pas une question d’individus (voir la relation du rabbin avec le cheik Sfar ou le juif de Russie épousant une africaine noire) mais un problème de peuples (la rigidité culturelle de musulmans finit dans un bain de sang, d’anciens juifs ne reconnaissent pas comme tels leurs enfants).
Sfar a tout compris aux problèmes de notre monde. Et à grands coups de démonstrations par l’exemple trop évidentes et de mises en perspective grossière, il nous explique le pourquoi du comment des choses. Merci Sfar !
Le summum de ces niaiseries étant la caricature de la caricature qu’est Tintin au Congo (dans la critique des anciens on est loin de la subtilité de Chaland). Sfar nous assène à nouveau son point de vue sur Hergé oubliant qu’on ne peut plus le lire aujourd’hui comme il y a 75 ans, et que lui n’a pas encore atteint son niveau.
J’avais apprécié l’exode qui confrontait à la fois 2 cultures juives et une culture orientale et une culture occidentale. Pour le lecteur européen, on pouvait voir un peu le déracinement que représente le passage d’un côté de la méditerranée à l’autre, la France devenant le pays exotique. Pas de discours sur le bien ou le mal de la perte de culture (par exemple, jamais le père de Jules n’est jugé par le rabbin). Le paradis terrestre mettant en scène le malka des lions offrait un personnage haut en couleurs. Mais le tome 5 sème le doute, dois-je interpréter ces histoires ? Faut-il voir dans le rabbin ou dans le malka des modèles ? Et de quoi alors ? Dans le tome 6, Sfar m’expliquera-t-il comment bien me comporter avec mon voisin ? Ou m’expliquera-t-il pourquoi Moebius est has-been ?
Ces questions ne sont bien sûr pas sérieuses, au contraire de Sfar quand il croit avoir un message à nous faire passer.


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Mercredi 11 avril 2007

Auteur : Le Gendre
Editeur : Carabas

Commentaire : Je ne m'attarderai pas trop sur le dessin. Non pour sa qualité mais car l'auteur est jeune (du moins je le suppose), et tel un professeur compréhensif (par bien des aspects la colère d'Achille ressemble à un travail de fin d'études) je serais tenté par cette formule sentencieuse "est sur la bonne voie, doit persévérer".
En effet, je vois une certaine audace dans le graphisme de Le Gendre. Il nous livre un matériau brut où l'on aperçoit tout autant le support (les coins des feuilles de dessin, l'épaisseur du carnet de croquis, ses spirales et les trous dans les feuilles) que les traits de construction du dessin. Le choix d'une palette de couleurs restreintes (au rouge, ocre et brun) participe lui-aussi d'une ambition graphique.
Ce choix de conserver visible le travail est probablement un moyen de garder la nervosité du trait que perdent souvent les débutants dans le processus classique de crayonné-encrage.
Dans les choix intéressants, je note aussi l'absence de décors (ou leur évocation minimaliste) dont le but est peut-être de donner une interprétation théâtrale. Et à la lumière de l'inexpérience constatée, je mets de côté les défauts et me laisse surprendre par l'aspect africain que donne ce mélange de couleurs et d'accessoires (en particulier les casques et les coiffures qui ressemblent tant à des masques).
Le choix du dispositif est quant à lui plus problématique tant il semble résulter d'un laisser-aller ("il faut vous reprendre, vous êtes sur la mauvaise voie" dirait le professeur).
Le Gendre adapte Homère et tout est dit. L'œuvre n’existe que pour le support qu'elle amène, pour la réponse évidente à cette question essentielle (paraît-il) : que raconter ?
Le Gendre s'assujettie volontairement à l'Iliade, toute la narration est portée par le texte original à travers des narratifs typographiés (typographie tellement symptomatique de la non-appropriation de l'œuvre par Le Gendre). Et le dispositif de bande dessinée classique semble alors totalement artificiel. Dénudation oblige, on s'interroge tout d'abord sur cette mise en page visible à l'état d'esquisse et remontée telle quelle dans sa forme définitive. On s'interroge aussi sur les autres dispositifs possibles (et peut-être préférables, ceux se rapprochant du texte illustré par exemple).
Motivation graphique évidente, désertion narrative et non-recherche d'un système pertinent, Le Gendre prétexte la bande dessinée pour simplement dessiner et nous propose une œuvre cul-de-jatte.
Reste tout de même au lecteur l'œuvre d'Homère faite de trahisons, de batailles sanglantes, d'interventions divines et finalement de drames humains. Ce n'est pas si mal, mais était-il utile d'en faire cette interprétation ?


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Jeudi 5 avril 2007

Auteur : Forest / Savard
Editeur : Bayard Editions

Commentaire : C'est en cherchant les naufragés du temps que j'ai trouvé ce tome des aventures de Léonid Beaudragon. Nouvelle lecture donc pour moi de Forest.
La proposition du fantôme du mandchou fou est la suivante : un immeuble isolé et abandonné de la banlieue est hanté par le fantôme d'un mandchou fou empêchant ainsi sa vente, Léonid Beaudragon est chargé de chasser le fantôme.
Proposition peu originale. On pourrait alors lister les moyens utilisés par Forest pour convier l'aventure dans ce qui devient vite un huis-clos rocambolesque : un immeuble de style art déco, l'intervention de l'armée rouge, des jonques chinoises qui naviguent sur les rails d'un métro désaffecté etc ...
Forest n'est ni chiche ni tâcheron : on peut ici comme dans d’autres de ses œuvres apprécier la sensualité de ses personnages féminins (avec la secrétaire irrévérencieuse de Beaudragon) ou encore sa capacité à partir dans tous les sens pour finalement retomber sur ces pattes. Mais tout cela a tout de même des airs de cahier des charges : aventure + romance + humour + rebondissements à la pelle + jeune héros de l'âge du lecteur-cible (Le fantôme du mandchou fou a été prépublié dans Okapi) = série grand public à succès.
Quant à Savard, il renforce malheureusement cette impression en proposant une interprétation de qualité (très ligne claire) mais qui n'est qu'un travail d'honnête artisan.
Au final Léonid Beaudragon est une série divertissante et mineure dans l'œuvre de Forest.


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Jeudi 29 mars 2007

Auteurs : Forest / Gillon
Editeur : Hachette

Commentaire : J'avais lu, il y a quelques années déjà, un des multiples avatars de ce 1er tome des naufragés du temps. Il s'agissait de l'édition de poche J'ai lu. Je ne prétexterai pas aujourd'hui l'ineptie du format pour expliquer mon incompréhension d'alors. Le problème était ailleurs.
Il y a tout au long de ce 1er tome (et j'espère dans les suivants car c'est ce qui en fait la saveur) une tension permanente entre 2 modes.
Et il faut reconnaître ici que la lecture d’autres œuvres de Forest (merci l’Association) aide à aborder celle-ci.
Forest par les noms dont il use (Trasse, blêmes variantes, holocanthes etc.), les races extraterrestres qu'il décrit (de simples rats, des crapauds géants, des monstres métalliques…) ou les phénomènes physiques dénués de toutes justifications scientifiques dont il constitue son décor (l'anneau-fleuve de Thanator) s'attache à décrire un univers de fantaisie (un peu à la même manière de Mystérieuse matin, midi et soir).
Et Gillon, tel un lecteur rebuté, apparaît totalement hermétique au style de Forest. En nous proposant un traitement graphique très réaliste (anatomie des personnages et décors), il interprète le scénario comme si tout cela était bien sérieux.
Alors parfois on atteint le ridicule (voir certaines déclamations de Mara), d’autres fois encore la maladresse (voir le raccourci narratif des premières pages) mais parfois enfin on frôle la sublime tragédie (voir toute la fin à partir de l’arrivée sur l’anneau-fleuve de Thanator).
On pourrait comprendre de ce qui précède que les naufragés du temps relèvent d’une lecture au 2nd degré. Avec d’abord celui de Gillon (réaliste, conventionnel, sérieux) et ensuite celui de Forest (merveilleux, humoristique). Mais il ne faut pas chercher ici de décalage ou de niveaux superposés. Au contraire, c’est dans la confrontation des 2 visions d’auteurs que réside tout l’intérêt de l’œuvre.
Un court mot pour finir sur l’édition lue ici, il s’agit de l’édition de 1974 d’Hachette qui se singularise de celles antérieures des Humanos par l’usage d’une bichromie sépia qui donne au livre un petit charme désuet.


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Dimanche 25 mars 2007


 

Commentaire :
Il est fort probable que ma lecture des bandes dessinées Disney soit passée au filtre d'une certaine nostalgie (oui, j'ai passé depuis de nombreuses années
l'âge où l'on tolère généralement ce genre de lecture).
Alors c'est sans surprise que les tentatives de modernisme (ou de jeunisme) des aventures de Picsou me paraissent quelque peu contre-nature et pour le moins décevantes. Ainsi de la première histoire de ce numéro nommée Dragon Lords où les canards se trouvent mêlés à une histoire à la sauce heroic-fantasy. Ou de cette autre encore où Dingo drague une charmante demoiselle (qui n'est même pas Clarabelle, où va-t-on ?). Ou enfin cette dernière où Donald déguisé en une sorte de Fantomiald (qu'il n'est malheureusement pas) est pris cette fois dans une sorte de space-opera.
Un peu déçu donc par ce numéro qui ne propose aucune bande dessinée Disney "classique" (si ce terme signifie quelque chose).



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Lundi 19 mars 2007

Editeur : éditions de l'AN 2

Commentaire : Neuvième Art change de formule (en fait ça date du numéro précédent sur lequel j’ai fait l’impasse). Ce changement de formule est d’abord un changement de format. Plus livre et moins revue. Sans doute une tentative pour aller vers une certaine idée de la modernité. Malheureusement la mise en page n’est pas faite pour ce format et c’est particulièrement l’iconographie qui en pâtit ; la plupart des illustrations devenant simplement illisibles. Mais surtout ce numéro laisse une impression de fourre-tout-il-faut-remplir-et-faire-gros-surtout : beaucoup de dossiers (la mise en page, Trondheim, Pétillon, BD & philo, le New Yorker, plus une série de notes de lecture) et un nombre de collaborateurs qui me paraît augmenter.
Plus on en fait, plus la médiocrité a une chance d’apparaître. Et ça ne rate pas ici. Entre le dossier Trondheim qui n’apprend rien (si ce n’est le strip de Menu qui laisse penser que celui-ci n’a pas tout de suite compris la décision de Trondheim), celui sur la bande dessinée chinoise dont même Bodoï aurait honte et un article sur les blogs BD (qui est la pire chose arrivée à la bande dessinée ces dernières années) on peine à trouver quelque chose à lire. Alors au rayon des choses intelligentes, on lira l’article de Harry Morgan sur les caricatures de Mahommet (tout simplement le texte le plus pertinent que j’ai lu sur le sujet) ainsi que le dossier sur la mise en page avec en particulier l’article de Thierry Smolderen qui propose une autre classification de la mise en page à celle de Peeters (je retiendrai en particulier les termes de forme baroque et de forme kinétoscopique).
Trop gros, mal foutu, pas toujours passionnant, cette nouvelle formule de Neuvième Art n’a rien de très engageant, alors qu’il suffirait d’élaguer et de proposer moins plutôt que plus (mais ça doit déjà être une forme d’élitisme ça).


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Mardi 13 février 2007

Auteur : Masbou / Ayroles
Editeur : Delcourt

Commentaire : On peut, au choix, bouder son plaisir ou au contraire se délecter presque naïvement de cette histoire. Mais tout lecteur d'une bande dessinée Delcourt a a priori déjà fait ce choix avant d'engager sa lecture.
Alors oublions la recette que nous ont concoctée les auteurs dès le 1er tome de ces aventures (faite rappelons-le d'humour, d'action et de références littéraires mêlés à une narration complexe et un dessin riche en détails).
Mettons de côté ce travail de faiseur qui pourrait nous faire apparaître les coups de théâtre et changements de registre (de capes et d'épées vers le récit de pirate, les digressions vers le conte philosophique ou le voyage lunaire promis en fin de tome 5) comme autant de moyens pour faire rebondir une intrigue qui ne doit sous aucun prétexte ralentir.
Laissons à d'autres l'approfondissement psychologique et les solutions graphiques audacieuses. Accrochons-nous bien fermement à ces héros stéréotypés crapahutant dans un système bien sage, car De cape et de crocs est une fantaisie, un récit d'aventures qui toujours arrive à nous surprendre pour peu que l'on s'y soumette.


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Mardi 6 février 2007

 

Commentaire :
Peu de choses à dire sur ces 2 numéros en eux-mêmes qui appliquent la même formule que dans ceux précédemment commentés sur ce blog. Cependant le n°2849 est livré avec un supplément BD intitulé le journal de la BD, on y trouve des bandes dessinées non Disney du même style que celles déjà présentes dans le journal, mais on y trouve surtout une curiosité digne d’intérêt à plus d’un titre : un épisode de Mickey scénarisé par Trondheim et dessiné par Yoann. Le journal nous indique que « le résultat est beau comme du Gottfredson et malin comme du Barks ». Barks dessinateur des canards ne me semble pas ici la référence de Trondheim, mais Gottfredson certainement. En tout cas, les auteurs nous offre une version nostalgique de Mickey (en culottes rouges) dans laquelle Mickey est aussi bien intéressé par l’argent que bagarreur (il castagne 3 fois de suite Pat Hibulaire). Cette version toute à la fois conforme à la tradition et légèrement irrévérencieuse est une heureuse surprise pour le lecteur blasé de la souris détective. Il faut aussi évoquer le travail de Yoann qui tranche radicalement avec le style policé des bandes Disney habituelles et qui participe ainsi à l’audace de cette interprétation. On regrettera donc que cette histoire reléguée dans un supplément et ostensiblement signée par ses auteurs soit destinée à rester une exception.


Par martin - Publié dans : Lecture
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