Jeudi 5 avril 2007

Auteur : Forest / Savard
Editeur : Bayard Editions

Commentaire : C'est en cherchant les naufragés du temps que j'ai trouvé ce tome des aventures de Léonid Beaudragon. Nouvelle lecture donc pour moi de Forest.
La proposition du fantôme du mandchou fou est la suivante : un immeuble isolé et abandonné de la banlieue est hanté par le fantôme d'un mandchou fou empêchant ainsi sa vente, Léonid Beaudragon est chargé de chasser le fantôme.
Proposition peu originale. On pourrait alors lister les moyens utilisés par Forest pour convier l'aventure dans ce qui devient vite un huis-clos rocambolesque : un immeuble de style art déco, l'intervention de l'armée rouge, des jonques chinoises qui naviguent sur les rails d'un métro désaffecté etc ...
Forest n'est ni chiche ni tâcheron : on peut ici comme dans d’autres de ses œuvres apprécier la sensualité de ses personnages féminins (avec la secrétaire irrévérencieuse de Beaudragon) ou encore sa capacité à partir dans tous les sens pour finalement retomber sur ces pattes. Mais tout cela a tout de même des airs de cahier des charges : aventure + romance + humour + rebondissements à la pelle + jeune héros de l'âge du lecteur-cible (Le fantôme du mandchou fou a été prépublié dans Okapi) = série grand public à succès.
Quant à Savard, il renforce malheureusement cette impression en proposant une interprétation de qualité (très ligne claire) mais qui n'est qu'un travail d'honnête artisan.
Au final Léonid Beaudragon est une série divertissante et mineure dans l'œuvre de Forest.


par martin publié dans : Lecture
Jeudi 29 mars 2007

Auteurs : Forest / Gillon
Editeur : Hachette

Commentaire : J'avais lu, il y a quelques années déjà, un des multiples avatars de ce 1er tome des naufragés du temps. Il s'agissait de l'édition de poche J'ai lu. Je ne prétexterai pas aujourd'hui l'ineptie du format pour expliquer mon incompréhension d'alors. Le problème était ailleurs.
Il y a tout au long de ce 1er tome (et j'espère dans les suivants car c'est ce qui en fait la saveur) une tension permanente entre 2 modes.
Et il faut reconnaître ici que la lecture d’autres œuvres de Forest (merci l’Association) aide à aborder celle-ci.
Forest par les noms dont il use (Trasse, blêmes variantes, holocanthes etc.), les races extraterrestres qu'il décrit (de simples rats, des crapauds géants, des monstres métalliques…) ou les phénomènes physiques dénués de toutes justifications scientifiques dont il constitue son décor (l'anneau-fleuve de Thanator) s'attache à décrire un univers de fantaisie (un peu à la même manière de Mystérieuse matin, midi et soir).
Et Gillon, tel un lecteur rebuté, apparaît totalement hermétique au style de Forest. En nous proposant un traitement graphique très réaliste (anatomie des personnages et décors), il interprète le scénario comme si tout cela était bien sérieux.
Alors parfois on atteint le ridicule (voir certaines déclamations de Mara), d’autres fois encore la maladresse (voir le raccourci narratif des premières pages) mais parfois enfin on frôle la sublime tragédie (voir toute la fin à partir de l’arrivée sur l’anneau-fleuve de Thanator).
On pourrait comprendre de ce qui précède que les naufragés du temps relèvent d’une lecture au 2nd degré. Avec d’abord celui de Gillon (réaliste, conventionnel, sérieux) et ensuite celui de Forest (merveilleux, humoristique). Mais il ne faut pas chercher ici de décalage ou de niveaux superposés. Au contraire, c’est dans la confrontation des 2 visions d’auteurs que réside tout l’intérêt de l’œuvre.
Un court mot pour finir sur l’édition lue ici, il s’agit de l’édition de 1974 d’Hachette qui se singularise de celles antérieures des Humanos par l’usage d’une bichromie sépia qui donne au livre un petit charme désuet.


par martin publié dans : Lecture
Dimanche 25 mars 2007


 

Commentaire :
Il est fort probable que ma lecture des bandes dessinées Disney soit passée au filtre d'une certaine nostalgie (oui, j'ai passé depuis de nombreuses années
l'âge où l'on tolère généralement ce genre de lecture).
Alors c'est sans surprise que les tentatives de modernisme (ou de jeunisme) des aventures de Picsou me paraissent quelque peu contre-nature et pour le moins décevantes. Ainsi de la première histoire de ce numéro nommée Dragon Lords où les canards se trouvent mêlés à une histoire à la sauce heroic-fantasy. Ou de cette autre encore où Dingo drague une charmante demoiselle (qui n'est même pas Clarabelle, où va-t-on ?). Ou enfin cette dernière où Donald déguisé en une sorte de Fantomiald (qu'il n'est malheureusement pas) est pris cette fois dans une sorte de space-opera.
Un peu déçu donc par ce numéro qui ne propose aucune bande dessinée Disney "classique" (si ce terme signifie quelque chose).



par martin publié dans : Lecture
Lundi 19 mars 2007

Editeur : éditions de l'AN 2

Commentaire : Neuvième Art change de formule (en fait ça date du numéro précédent sur lequel j’ai fait l’impasse). Ce changement de formule est d’abord un changement de format. Plus livre et moins revue. Sans doute une tentative pour aller vers une certaine idée de la modernité. Malheureusement la mise en page n’est pas faite pour ce format et c’est particulièrement l’iconographie qui en pâtit ; la plupart des illustrations devenant simplement illisibles. Mais surtout ce numéro laisse une impression de fourre-tout-il-faut-remplir-et-faire-gros-surtout : beaucoup de dossiers (la mise en page, Trondheim, Pétillon, BD & philo, le New Yorker, plus une série de notes de lecture) et un nombre de collaborateurs qui me paraît augmenter.
Plus on en fait, plus la médiocrité a une chance d’apparaître. Et ça ne rate pas ici. Entre le dossier Trondheim qui n’apprend rien (si ce n’est le strip de Menu qui laisse penser que celui-ci n’a pas tout de suite compris la décision de Trondheim), celui sur la bande dessinée chinoise dont même Bodoï aurait honte et un article sur les blogs BD (qui est la pire chose arrivée à la bande dessinée ces dernières années) on peine à trouver quelque chose à lire. Alors au rayon des choses intelligentes, on lira l’article de Harry Morgan sur les caricatures de Mahommet (tout simplement le texte le plus pertinent que j’ai lu sur le sujet) ainsi que le dossier sur la mise en page avec en particulier l’article de Thierry Smolderen qui propose une autre classification de la mise en page à celle de Peeters (je retiendrai en particulier les termes de forme baroque et de forme kinétoscopique).
Trop gros, mal foutu, pas toujours passionnant, cette nouvelle formule de Neuvième Art n’a rien de très engageant, alors qu’il suffirait d’élaguer et de proposer moins plutôt que plus (mais ça doit déjà être une forme d’élitisme ça).


par martin publié dans : Lecture
Mardi 13 février 2007

Auteur : Masbou / Ayroles
Editeur : Delcourt

Commentaire : On peut, au choix, bouder son plaisir ou au contraire se délecter presque naïvement de cette histoire. Mais tout lecteur d'une bande dessinée Delcourt a a priori déjà fait ce choix avant d'engager sa lecture.
Alors oublions la recette que nous ont concoctée les auteurs dès le 1er tome de ces aventures (faite rappelons-le d'humour, d'action et de références littéraires mêlés à une narration complexe et un dessin riche en détails).
Mettons de côté ce travail de faiseur qui pourrait nous faire apparaître les coups de théâtre et changements de registre (de capes et d'épées vers le récit de pirate, les digressions vers le conte philosophique ou le voyage lunaire promis en fin de tome 5) comme autant de moyens pour faire rebondir une intrigue qui ne doit sous aucun prétexte ralentir.
Laissons à d'autres l'approfondissement psychologique et les solutions graphiques audacieuses. Accrochons-nous bien fermement à ces héros stéréotypés crapahutant dans un système bien sage, car De cape et de crocs est une fantaisie, un récit d'aventures qui toujours arrive à nous surprendre pour peu que l'on s'y soumette.


par martin publié dans : Lecture

Pour vos petites faims ...

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